Longtemps. C'est le temps qu'il m'a fallu pour avoir le courage de reprendre un article de ce blog. Ce longtemps, il a duré 4 mois. Longtemps, c'est le temps de mes vacances. Longues. Pour elles, ca sera 3 mois. Trois mois riches et pauvres, riches en aventures, riches en rencontres, riches en ennui aussi. Pauvres, pour mon compte en banque, qui se retrouve proche de zéro, à l'abord de la fin de ces vacances.
Alors oui, je suis désolé, mes très chers lecteurs, de ne pas avoir parlé plus, de la Pologne. Mais les soirées allant, les copains allant et venant, je n'ai pas pu le tenir régulièrement à jour. C'est qu'un article me prend du temps. Longtemps.
La Pologne aura été une fois de plus fantastique. Plus encore que la fois précédente. La fois précédente avait duré deux mois. Celle-ci en aura duré trois. Au sein de ce pays, j'ai retrouvé foi, parfois au sens propre. Et si ce monde n'était pas si pourri? Non, non. C'est juste que je ne le comprends pas, dans une langue différente. Mais vraiment? Ces gens, ce domaine intemporel, cette ville de Czestochowa qui semble ne pas se presser, dans un monde où il ne faut pas vraiment s'attarder, n'était-il que fictif pour mes yeux d'étranger? Je ne suis pas sur. L'expérience m'apprendra à nuancer les choses: l'étranger c'est bien, mais chez nous, c'est pas mal non plus. Trois mois de vacances pour en arriver là.
Mes vacances ont commencés en France. Déjà diplômé en Pologne, je rentrai grâce à mon fidèle collègue, désormais 100% polonais, à ma chère ville du Mans. Nouvel appartement, ma mère a eu en effet, la très bonne idée de déménager pendant mon séjour en Pologne. Fini l'hôpital, bonjour la gare. Plus agréable de voir défiler les TGV que les blouses bleues et blanches. A peine (pas en fait) le temps de prendre possession de ma nouvelle chambre, qu'une nouvelle aventure se profilait. L'Ukraine. J'étais en effet invité par une amie, rencontrée en Pologne, à Yalta, en Crimée. Pour ceux qui situent pas, c'est bien trouvable sur une carte. Il me faut vous parler de l'Ukraine! C'était vraiment une expérience extra-ordinaire, à y repenser, même si j'ai pu y passer des moments par forcément agréables, dans l'ensemble c'était quand même génial.
Je suis arrivé en Ukraine par avion. Paris-Prague, Prague-Kiev. Quel bonheur, au passage, de revoir, même de haut, la ville de Prague. J'atterris donc à Kiev, après avoir longtemps cru m'échouer dans une immense mer marécageuse qui était en fait le fleuve Dniepr (troisième plus long d'Europe). Le père de Yulya et Yulya, mon hôte, est monté de Skadovsk (près de la Crimée, où ils habitent), pour venir me chercher à Kiev. 10 heures aller... Et 10 heures retour. Je note le courage (la témérité) de cet homme qui a tout fait pour m'accueillir dans d'excellentes conditions, j'en reparlerai. J'ai d'abord galéré une bonne heure pour trouver quelque part où attacher ma ceinture à l'arrière. C'était une voiture louée, et heureusement, il y avait moyen de trouver une ceinture et quelque chose pour l'attacher (que j'appellerai "un bidule"). Coup de chance, car en Ukraine, la ceinture de sécurité à l'arrière n'est pas obligatoire, et que dans toutes les autres voitures que je fréquenterai, il n'y aurait pas de ceinture à l'arrière. Mais, à en croire ce message sur le blog, j'ai survécu.
J'arrive donc dans cette charmante bourgade de Skadovsk, où je suis de suite très bien accueilli, dans une petite maison avec des poules, deux chiens, un qui m'aime, l'autre qui m'aime manifestement pas, la nièce de Yulya, qui a très vite compris que... je ne comprenais pas, pour se servir de moi pour ses caprices de petite fille de 4 ans. Au moins, elle m'a appris à dire les noms d'animaux en russe (ou en ukrainien, je ne sais pas bien, car, l'ukrainien est la langue officielle, mais beaucoup de gens parlent russe... passé oblige). Premier petit déjeuner, et en guise de bienvenue, de la vodka.
Ah! La vodka. Cette vieille amie, que j'avais quittée en Pologne, elle revenait! Et au petit déjeuner en plus. J'y ai pris gout pour ce petit déjeuner, mais heureusement qu'il s'agissait qu'une vodka de bienvenue, et non pas d'une habitude ukrainienne. Sinon je ne serai peut-être plus de ce monde! (Quoique)
Mais si j'allais en Ukraine, ce n'était pas pour gouter à la culture du coin. J'avoue assez honteusement que je voulais me dorer la pilule au soleil. Ne jetez pas sur moi ce regard accusateur, oui, j'ai quand même appris des choses en Ukraine. Tout d'abord une langue, le russe, un alphabet, bref, je les ai pas appris complètement, évidemment, mais au moins, j'ai des mini bases qui aident, accompagnées des mains, à obtenir ce que l'on veut. J'ai été visité des bâtiments importants, genre le palace qui a accueilli Churchill et Roosevelt et Staline pour la conférence de Yalta (où j'ai passé une de mes deux semaines, l'autre semaine étant à Skadovsk). Mais la plupart du temps, je l'ai passé à la plage, et le soleil, ça fait vraiment du bien.
D'abord je suis allé à la plage de Skadovsk. Magnifique évidemment (la mer noire), mais le souci, c'est que la mer est médusée. Et à Skadovsk, les méduses étaient manifestement adultes, donc potentiellement dangereuse. Mais on s'adapte vite. Mais je dois reconnaitre qu'à Yalta, c'était plus intéressant. Des galets (pas le sable qui colle aux pieds), des bébés méduses (c'est pas agréable à toucher, mais ca pique pas), et de l'eau chaude comme une piscine. Voilà. J'ai passé deux semaines dans une piscine salée. Et j'ai gagné un bronzage quasi intégral, sauf au niveau du caleçon, et de ma plante des pieds. Avec des pieds du genre déli-choc, c'est pas glamour, mais en même temps, qui les voit? Personne. :(.
Bref je suis revenu en France début aout. Il s'agissait alors de prendre possession de ma chambre (c'est arrivé, au bout de quelques semaines), et surtout, de trouver mon prochain point de chute pour ma thèse. Arabie Saoudite? Trop loin. Finlande? trop loin. Berlin où on m'a invité gentillement, tous frais payés, visite de la ville, visite des labos, bières et saucisses gratuites: hum, trop loin aussi, et surtout pas assez interessant. Une thèse à Paris hyper intéressante? J'achète. Début des hostilités, mi-octobre. Bientôt un logement.
Ma vie va ressembler à quelque chose.
J'espère.
