dimanche 27 septembre 2009

3 mois après la Pologne...



Longtemps. C'est le temps qu'il m'a fallu pour avoir le courage de reprendre un article de ce blog. Ce longtemps, il a duré 4 mois. Longtemps, c'est le temps de mes vacances. Longues. Pour elles, ca sera 3 mois. Trois mois riches et pauvres, riches en aventures, riches en rencontres, riches en ennui aussi. Pauvres, pour mon compte en banque, qui se retrouve proche de zéro, à l'abord de la fin de ces vacances.
Alors oui, je suis désolé, mes très chers lecteurs, de ne pas avoir parlé plus, de la Pologne. Mais les soirées allant, les copains allant et venant, je n'ai pas pu le tenir régulièrement à jour. C'est qu'un article me prend du temps. Longtemps.
La Pologne aura été une fois de plus fantastique. Plus encore que la fois précédente. La fois précédente avait duré deux mois. Celle-ci en aura duré trois. Au sein de ce pays, j'ai retrouvé foi, parfois au sens propre. Et si ce monde n'était pas si pourri? Non, non. C'est juste que je ne le comprends pas, dans une langue différente. Mais vraiment? Ces gens, ce domaine intemporel, cette ville de Czestochowa qui semble ne pas se presser, dans un monde où il ne faut pas vraiment s'attarder, n'était-il que fictif pour mes yeux d'étranger? Je ne suis pas sur. L'expérience m'apprendra à nuancer les choses: l'étranger c'est bien, mais chez nous, c'est pas mal non plus. Trois mois de vacances pour en arriver là.

Mes vacances ont commencés en France. Déjà diplômé en Pologne, je rentrai grâce à mon fidèle collègue, désormais 100% polonais, à ma chère ville du Mans. Nouvel appartement, ma mère a eu en effet, la très bonne idée de déménager pendant mon séjour en Pologne. Fini l'hôpital, bonjour la gare. Plus agréable de voir défiler les TGV que les blouses bleues et blanches. A peine (pas en fait) le temps de prendre possession de ma nouvelle chambre, qu'une nouvelle aventure se profilait. L'Ukraine. J'étais en effet invité par une amie, rencontrée en Pologne, à Yalta, en Crimée. Pour ceux qui situent pas, c'est bien trouvable sur une carte. Il me faut vous parler de l'Ukraine! C'était vraiment une expérience extra-ordinaire, à y repenser, même si j'ai pu y passer des moments par forcément agréables, dans l'ensemble c'était quand même génial.

Je suis arrivé en Ukraine par avion. Paris-Prague, Prague-Kiev. Quel bonheur, au passage, de revoir, même de haut, la ville de Prague. J'atterris donc à Kiev, après avoir longtemps cru m'échouer dans une immense mer marécageuse qui était en fait le fleuve Dniepr (troisième plus long d'Europe). Le père de Yulya et Yulya, mon hôte, est monté de Skadovsk (près de la Crimée, où ils habitent), pour venir me chercher à Kiev. 10 heures aller... Et 10 heures retour. Je note le courage (la témérité) de cet homme qui a tout fait pour m'accueillir dans d'excellentes conditions, j'en reparlerai. J'ai d'abord galéré une bonne heure pour trouver quelque part où attacher ma ceinture à l'arrière. C'était une voiture louée, et heureusement, il y avait moyen de trouver une ceinture et quelque chose pour l'attacher (que j'appellerai "un bidule"). Coup de chance, car en Ukraine, la ceinture de sécurité à l'arrière n'est pas obligatoire, et que dans toutes les autres voitures que je fréquenterai, il n'y aurait pas de ceinture à l'arrière. Mais, à en croire ce message sur le blog, j'ai survécu.
J'arrive donc dans cette charmante bourgade de Skadovsk, où je suis de suite très bien accueilli, dans une petite maison avec des poules, deux chiens, un qui m'aime, l'autre qui m'aime manifestement pas, la nièce de Yulya, qui a très vite compris que... je ne comprenais pas, pour se servir de moi pour ses caprices de petite fille de 4 ans. Au moins, elle m'a appris à dire les noms d'animaux en russe (ou en ukrainien, je ne sais pas bien, car, l'ukrainien est la langue officielle, mais beaucoup de gens parlent russe... passé oblige). Premier petit déjeuner, et en guise de bienvenue, de la vodka.
Ah! La vodka. Cette vieille amie, que j'avais quittée en Pologne, elle revenait! Et au petit déjeuner en plus. J'y ai pris gout pour ce petit déjeuner, mais heureusement qu'il s'agissait qu'une vodka de bienvenue, et non pas d'une habitude ukrainienne. Sinon je ne serai peut-être plus de ce monde! (Quoique)
Mais si j'allais en Ukraine, ce n'était pas pour gouter à la culture du coin. J'avoue assez honteusement que je voulais me dorer la pilule au soleil. Ne jetez pas sur moi ce regard accusateur, oui, j'ai quand même appris des choses en Ukraine. Tout d'abord une langue, le russe, un alphabet, bref, je les ai pas appris complètement, évidemment, mais au moins, j'ai des mini bases qui aident, accompagnées des mains, à obtenir ce que l'on veut. J'ai été visité des bâtiments importants, genre le palace qui a accueilli Churchill et Roosevelt et Staline pour la conférence de Yalta (où j'ai passé une de mes deux semaines, l'autre semaine étant à Skadovsk). Mais la plupart du temps, je l'ai passé à la plage, et le soleil, ça fait vraiment du bien.
D'abord je suis allé à la plage de Skadovsk. Magnifique évidemment (la mer noire), mais le souci, c'est que la mer est médusée. Et à Skadovsk, les méduses étaient manifestement adultes, donc potentiellement dangereuse. Mais on s'adapte vite. Mais je dois reconnaitre qu'à Yalta, c'était plus intéressant. Des galets (pas le sable qui colle aux pieds), des bébés méduses (c'est pas agréable à toucher, mais ca pique pas), et de l'eau chaude comme une piscine. Voilà. J'ai passé deux semaines dans une piscine salée. Et j'ai gagné un bronzage quasi intégral, sauf au niveau du caleçon, et de ma plante des pieds. Avec des pieds du genre déli-choc, c'est pas glamour, mais en même temps, qui les voit? Personne. :(.

Bref je suis revenu en France début aout. Il s'agissait alors de prendre possession de ma chambre (c'est arrivé, au bout de quelques semaines), et surtout, de trouver mon prochain point de chute pour ma thèse. Arabie Saoudite? Trop loin. Finlande? trop loin. Berlin où on m'a invité gentillement, tous frais payés, visite de la ville, visite des labos, bières et saucisses gratuites: hum, trop loin aussi, et surtout pas assez interessant. Une thèse à Paris hyper intéressante? J'achète. Début des hostilités, mi-octobre. Bientôt un logement.
Ma vie va ressembler à quelque chose.
J'espère.

samedi 23 mai 2009

PL S2E03 - Les bourdons d'avril


Trois fois durant le mois d'avril, durant la première quinzaine, autant dire toute la partie "active" de ce blog, j'ai reçu la visite de "bourdon énormes", d' "insecte affreux", de "mouche à merde bourdonnante", de "petit oiseau insectueux", bref, le genre de trucs qu'on kiffe pas avoir chez soi.
Pour avoir un aperçu, vous pouvez matter la photo. Sur la photo, un bourdon que j'ai défoncé, pour ne pas dire tué, assez froidement finalement, car c'était mon troisième, donc je commençais à ne plus ressentir cette envie de vomir que l'on a après chaque meurtre. Je n'ai jamais vérifié, mais José Garcia-Bernard a montré dans un film que ca se passait vraiment.
Oui j'ai tué, parce que en même temps, ce genre de bête est appelée à la perte. Pour pas mal de raisons. La première, c'est cette envie de venir chez moi. Clairement ça joue pas en leur faveur, c'est un peu comme aller à Chaban-Delmas en ce moment, tu sais que tu vas t'y faire taper. Mon exemple est valable parce que Bordeaux n'a pas perdu un match jusqu'à ce soir dans son antre autrefois appelée PARC LESCURE, mais qui demeure le stade le plus pourrave de l'histoire du football. Deuxièmement, parce que ces gros tas, sont, des gros insectes. Le moindre contact, contre un bout de fenêtre, les fait tomber, et s'ils tombent sur le dos, ils ne se relèvent pas. Et meurrent donc. On se demande déjà comment ils ont pu arriver dans ma chambre, au dixième étage, sans rencontrer le moindre obstacle. Certainement ces trois-là étaient habiles, tel Jenson Button qui a accroché la pôle position cet apres-midi à Monaco. Mais bon, l'erreur bête, la classique bête entre entre quatre murs, et donc devra à un moment rencontrer un objet. Ces trois-là ont fait cette erreur. Le premier, m'a surpris dans la nuit. Il était agonisant sur le sol, il n'avait pas fait 1cm qu'il était à terre, sur le dos, remuant ses ailes en vain. Ma première tentative de bouyavage n'a pas marché, au contraire, il s'est relevé. Mais dans sa précipitation, il a retrouvé le sol rapidement. Assez pour me réveiller définitivement, et lui mettre sa race.
Le second est allé plus loin. Mais a eu le malheur de se retrouver proche de mon pack d'eau que je venais d'acheter. Il m'a suffit de le décaler pour lui prendre son dernier souffle, son dernier bourdonnement. Inutile de le prendre en photo, pour des raisons que vous comprendrez.
Le troisième a été à l'image du premier. Rapidement tombé, je ne lui ai laissé aucune chance. Comme je l'ai kill softly, car il me l'avait demandé en chantant la balade de Lauryn Hill des Fugees, la chanson préférée de Grafite, meilleur buteur du championnat d'Allemagne avec Wolfsburg, champion de Bundesliga de football.
Est-ce lié, mais depuis que ce blog est mort, enfin, éteint, les bourdons ne me rendent plus visite. Les pigeons s'enculent toujours, à mort, mais les bourdons, restent au calme. Petite cause pour grands effets, ou grande cause pour petits effets? Je ne sais pas, toujours est-il que je dois rédiger mon rapport, et quand le temps presse j'écris sur ce blog. Je rédige sur ce blog. Reste à gérer la partie "rapport".

Ma config: Portable LG KG 275, débloqué sur tout opérateur, écran bleu ne fonctionne plus. A débattre.

lundi 4 mai 2009

PL S2E02 - Praha

Herm herm herm. Deuxième épisode de la reprise de la saison polonaise, après le semi-échec (pas tant des problèmes d'audience, mais des problèmes de moyens techniques mis à ma disposition) de la quotidienne, et je sors déjà de la Pologne pour aller en République Tchèque, la capitale même. Bon déjà, ce n'est pas si loin. C'est frontalier même. Ensuite, la langue est quasiment la même. Ce qui m'a valu de dire souvent à mes camarades d'échappée praguoise (praguaise?) pas habitué aux sonorités de ces langues "tiens, ce sont des polonais" puis "y'a quand même beaucoup de polonais" pour finir par "ah ok, c'est du tchèque donc".
Je suis arrivé en bus, et je suis reparti en train. C'est un long roman, parsemé de petites embuches, petites embuches qui auraient pu se transformer en tronc de chênes centenaires, voire en forêt amazonienne, la partie non défrichée, si mon camarade et néanmoins ami Amine et moi-même mais néanmoins pote Vincent, n'avions pas fait preuve d'un grand sens de l'improvisation.
Je suis arrivé en bus. Le vendredi 1er à 23h. L'arrivée était prévue à 22h mais nous avons été spectateurs de "manque de bol", le contraire d'un "coup de pot" alors que sérieusement, je préfère ne pas avoir de bol, quitte à prendre une tasse, que de se ramasser un pot, surtout en terre cuite, sur un coin de ma face. D'abord, le trajet se fait avec escale. Une à Wroclaw. En gros, on fait Czestochowa-Wroclaw, et après on prend un autre bus qui fait Wroclaw-Pragou. Sauf que ce bus a vraisemblablement eu un problème, après une heure d'attente, un bus de fortune a pris le relais, un bus qui a du mal à monter les côtes pourtant pas bien pentues des Carpates polonaises. Ensuite, arrêt de la police des frontières. On a beau être en Europe, Union, il faut quand même montrer patte blanche, et surtout carte d'identité. On patiente bien une demi-plombe pour ensuite récuperer notre passe-frontière, une carte plastifiée pourrave avec notre tête dessus. Notons qu'Amine est algérien mais il a un permis de séjour français, donc c'est bon. C'est à moi qu'on a rendu la première carte du lot, d'ailleurs. Bon ensuite on se tape deux films, un arrêt pipi/manger à la frontière, et on est parti. Et on est arrivé.
Deux potes en provenance de Munich nous attendait. On dépose nos affaires à l'auberge de jeunesse, puis on se fait un tour en ville. Une ville qui monte et qui descend, faites de collines. On visite une grande rue, qui doit être la plus importante. Des gens de couleur noire (des noirs!) nous rabattent vers les boites de nuit. On refuse, préférant boire une bière dans un pub irlandais. Oui parce que boire une bière tchèque, c'est pas un projet. La bière s'appelle la Pisse ner Urquel. Je tourne mes yeux! Mon regret, sur ce séjour, c'est de n'avoir jamais essayé un hot-dog dans une des milliards de petites "friteries" plutôt chics de la rue. Elles avaient l'air bonnes... contrairement à ici, en Pologne.
J'ai passé une nuit horrible, à tousser sans arrêt. Je sais pas ce que j'avais, mais putain c'était lourd, ça m'en a fait vomir, et ça ressemblait un peu à du sang. Bref, c'est passé, mais bizarre quand même.
Le lendemain donc, lever tôt pour faire une grande visite. On s'est regalé! C'est vraiment une sacrée ville, faut monter, parfois dans des rues étroites, mais sous le soleil, on est sous le charme. On termine par une montée à l'arrache (c'est à dire tout droit, c'est à dire hyper chaud) d'une colline pour arriver à la Tour Petrin, un des points culminants de Prague (après une tour de télé de 500m, assez... étrange.), elle ne fait que 60m, mais vu la hauteur à laquelle sont ses pieds, nul doute qu'on se rapproche de la hauteur de la Tour Eiffel. Le paysage y est superbe (d'autant plus qu'il faisait beau). On a pu voir le plus grand stade du monde. Impressionnant.
Ensuite on a bu un coup en haut d'une colline à bière, puis on a mangé dans un restaurant qui avait l'air genre français, c'était bon, puis on est rentré pour dormir. Le lendemain on devait prendre le bus avec Amine, à 6heures du matin.
Nous sommes donc rentrés en train. Et ouais, je m'étais trompé. On ne rentrait pas dimanche mais lundi. Après un quart d'heure d'attente à la gare des bus, on se dit, qu'attendre lundi, de repayer une chambre, de se balader, ca nous aurait couté plus cher que de prendre le train. Mais comment le prendre...
Direction la gare, on trouve le guichet international, je demande un billet "pour la Pologne, peu importe". Coup de pot, à 7h41, un train direction Wroclaw. Par contre, ca dure 7h le trajet. Tant pis, on va profiter du paysage, et putain ouais, on en a pris plein les yeux. Dans un train à 6 wagons quasiment vide, sous le grand soleil, ca a des allures de paradis. Je me dis que d'avoir une maison dans ces coins là, ca doit cartonner. En même temps, avoir une maison, un peu partout ça défonce. Le ticket de train tchèque a ceci de bien qu'il est ni écrit le numéro du train, ni la gare de départ, ni celle d'arrivée. Des numéros, mais qui ne correspondent pas. Curieux, mais le contrôleur n'y a pas vu d'inconvénient. Arrivé à Wroclaw, nouveau train, trois heures direction Katowice. Et à Katowice, deux heures de train pour arriver à la belle Czestochowa. Enfin! Mais ce trajet m'a fait plaisir à voir, on était pas entassé comme dans le bus, on a pu profiter, malgré la troupe de colonie de vacances gérées par des joyeux troubadours à guitares, dans le train entre Wroclaw et Katowice.
Ca fait 15 jours que j'y suis allé et je vous dis ça maintenant.

jeudi 30 avril 2009

PL S2E01 - Kraków

Cracovie/Krakow/Krakau/Cacao/Cracow/Paris-Berlin est une ville qui a un problème avec moi. A moins que je n'ai un problème avec elle. Pourtant elle est chic cette ville, l'ancienne capitale de la Pologne (et non pas de la Croatie, comme son nom peut y faire penser), très même, alors pourquoi j'aurais un problème avec elle? Troisième fois que j'y vais, troisième fois que j'ai des problèmes (non, en fait, deuxième fois, la première fois c'était cool).

La première fois c'était à Krakow, cracovie. Comme les deux autres fois d'ailleurs. C'est le sujet de ce billet, donc forcément. Oubliez donc cette dernière phrase. C'était quelques jours (une semaine peut-être), après mon arrivée en Pologne. Un voyage organisé par l'université pour nous faire découvrir la belle pologne. On y avait été avec des Ukrainiens, en bus, c'était marrant. On avait visité Wawel, le chateau avec son dragon, et un peu le centre. On avait bouffé un peu pas bon dans une cantine mais bon, ca nous avait bien plu.
La seconde fois, c'était en train que j'y allais, avec trois collègues et une pas collègue mais copine d'un collègue. Une belle-collègue en gros. Ou demi-collègue, comme vous voulez. Bref, en train, ca avait pris trois heures, et surtout je n'avais pas dormi de la nuit. Résultat, j'étais crevé, je me souviens pas de grand chose, si ce n'est que j'avais été au centre un peu, et à Wawel, le château avec son dragon. On avait également marché 45 min FACILE pour aller au bar trop bien trop cool de la ville, qui était fermé. J'avais les boules.
La troisième fois, c'était avec un collègue, et ses parents, et un ami à lui. Des beaux-collègues et un ami par alliance. Au menu, deux jours, avec visite du centre, un peu, et de Wawel, son château et son dragon. En plus rapide que les autres fois. Plus de temps, et plus rapidement, on a donc vu plus de trucs.
Notamment une pharmacie, pour moi, une Apteka comme on dit. Le dimanche en tout cas, j'ai ressenti le besoin d'en avoir une. Des syndromes grippaux humains. Bref j'ai dormi en ayant la crève dans une auberge de jeunesse. C'est bizarre mais dans ces cas-là on a envie de rentrer chez soi... C'est à dire dans ta chambre de 9m² que tu habites seulement depuis 3 semaines. Étonnant. Enfin bref, on a enchaîné le dimanche sur une mine de sel, la plus fameuse DU MONDE, pour tous les passionnés de mines de sel. Plus sérieusement, c'était franchement cool. On descend des tonnes d'escaliers, en regardant en bas... sans voir le fond (ce qui fout un peu les jetons), et on voit comment c'était les mines, et ils ont surtout bien aménagés le truc pour que ça devienne intéressant à voir... et à acheter. Par exemple, la mine est encore un peu exploitée... pour les touristes. J'ai donc à disposition un sac de sel de cet endroit, qui m'a quasiment rien couté, c'est à dire 8 zl. Mais quand même. Si on ajoute à ça un restaurant à 100m sous terre, des conneries comme ça, on se dit qu'ils font bien fonctionner le business. Mais c'était vraiment sympa, un guide qui faisait des vannes (certainement prévues à l'avance, enfin je suppose) marrantes, à environ chaque "check point" (point check), des murs qu'on pouvait gouter (et c'est vrai qu'à certains endroits, c'était salé. D'ailleurs c'est amusant comme on peut dire "regarde tout ces cons qui touchent le mur avant de gouter" tout en le faisant. On s'inclut soi-même dans les connards, c'est chouette. Je vous conseille Cracovie donc comme destination de week-end. Je vous ai pas fait rêver, parce que j'ai parlé de crève et de mine, mais la ville est belle et douce, et charmante, elle nous donne une impression de euh... calme, et à la fois de calme. Ahlala...

Ah et aussi, je suis allé dans des restaurants, ben c'était pas fameux.

lundi 20 avril 2009

18e => la fin ?

Bon, j'ai beaucoup (trop) de retard. Pas que je n'ai pas la motivation, ni le temps, en fait j'ai un peu tout ca, mais pas tant de choses à dire. La vie a commencé à être une routine (pas le truc qu'on met sur les vélos, c'est une rustine), et donc forcément j'ai moins de choses cools cools à raconter. J'aime raconter des histoires voyez-vous. Et là pour le coup, bien j'ai pas d'histoires gigantesques à raconter, pas de comptes-rendus, pas de rendu pour compte, pas de laissés pour compte, mis à part ceux qui me lisent.

Je vais reprendre comme l'année dernière. Quand j'aurai fait quelque chose d'intéressant, qui est matière à discussion, ben j'en discuterai. Par exemple je pourrais vous causer de Cracovie, où je suis allé le weekend dernier, de Prague, ou je vais ce weekend, du Porter, cette boîte de nuit où je suis allé mardi dernier, du mountain dew auquel je me suis pété aujourd'hui, de ces bourdons fantastiques qui s'offrent des balades dans ma chambre, sans prendre de billet retour, de cette toux que je me trimbale depuis Kraków etc ...
En fait j'ai plein d'histoires à vous raconter, mais pas jour après jour. Je dirais que c'est un ensemble. C'est un ensemble. Alors je parlerai. Bientôt. C'est promis, juré, oualalalaladime!

samedi 18 avril 2009

17e avril - Lessive, Lessivé

Je ne fais pas ma lessive chez moi. Non, comme beaucoup d'étudiants qui vivent dans une chambre universitaire, ou même, qui n'ont pas les moyens d'avoir une machine à laver chez eux (les pauvres), je ne peux pas faire ma lessive chez moi. L'année dernière j'avais bien essayé de faire ça à la main, mais mes polos sont devenus dégoulinants et pas forcément agréable à porter. Sans compter les chaussettes, qui sont le cauchemar des lavages à la main. Rendre une chaussette propre à la main est impossible. Tout comme de se lécher le coude, par exemple, ou de plier 8 fois une feuille sur elle-même. J'allais donc l'année dernière à Caffe Pralnia, qui fait café, et pralnia, c'est à dire lessive, machine à laver et sèche--linge. Sauf que ça coutait des sous, et que cette année, je disais non pour payer le lavage des vêtements! On les paye déjà au magasin, on va pas payer pour les laver! Pourquoi pas payer pour les porter aussi.

Cette année également, j'habite à Skrzat, cette charmante résidence universitaire. Qui possède une machine à laver... en tout. Pour faire sa lessive il faut donc réserver le dimanche précédent selon des horaires bien précis, et pour 1h30. Autant dire qu'il faut se magner un peu le cul pour en avoir, 1 machine pour 10 étages de 40 apparts, ça fait beaucoup.

Mais heureusement, mon compatriote mais non moins ami Simon loue son appart, et possède, oui une cafetière, oui un micro-ondes, mais ce n'est pas le sujet, il possède une machine à laver!

Et donc me voilà rendu chez lui pour faire la lessive. J'apprends à trier le blanc et la couleur, à vider mes poches, et à mettre sur 40°, parce que à 60° j'ai peur que ça rétrécisse mes polos. Mais finalement ca les rétrécit quand même... Merde.
Le temps de regarder un match de foot, ou d'aller au restaurant, ou d'aller en soirée, je pose mon linge sur son étendoir sanglant élevé. Il sèche un peu, c'est bien.

Le seul souci, c'est que ce vendredi, on est rentré TARD chez Simon. Et TARD ca veut dire pas de bus. Et donc, comment trimballer un baluchon plein de fringues sur 2 km? Bon j'en rajoute, je pouvais bien prendre le tram. Mais j'ai eu une fameuse idée: j'ai pris le taxi. Le taxi m'a déposé, m'a pris 10 zl (l'enculé), et j'ai étendu mon linge dans la nuit polonaise

Le lendemain, tout était sec, sauf mes jeans.


Bon, j'ai pris pas mal de retard (genre une grosse semaine), sur mon blog. Je l'avais un peu prévu, je pense que je vais passer à un article par semaine. Pas que je sois overbooké, juste que ça pourrait devenir répétitif. Les mêmes resto (l'italien), les mêmes soirées (barbecue), les mêmes gestes, la jambe droite, toujours, puis la jambe gauche. Alors je sais pas ce que je vais faire, mais je vais faire un truc.

16e avril - Auschwitz - Birkenau

Difficile d'être drole quand on parle du truc le moins drôle des années 39/45, c'est à dire les années de la guerre, c'était donc déjà limite niveau truc drôle, alors imaginez le truc le moins drôle pendant cette guerre pas drôle: c'est franchement pas marrant. Vraiment.

Alors ça risque pas d'être mon article le plus frais, étant donné qu'il parle de ce qu'il s'est passé il y a une soixante dizaine d'années en arrière. Le 1er septembre de cette année ça sera le 70e anniversaire de l'attaque de la Pologne par les Allemands. C'est pas si loin...

Deux heures de route et nous arrivons à Oświęcim, le nom polonais (et donc le nom...) d'Auschwitz. Après avoir mangé nous nous dirigeons vers Auschwitz I, le camp de concentration. Les gens y entraient via le fameux "Arbeit Macht Frei". Aujourd'hui c'est un musée, un musée qui fait dans la sobriété. Il n'a pas besoin d'en rajouter pour nous rendre compte de ce qui a pu se passer ici. C'est cette réalité qui m'a marqué le plus. De voir ces sanitaires, cette prison, ces hôpitaux, ça a donné vie à ce camp qui n'était pour moi qu'une galerie d'images avant. C'est de penser à cette vie qui m'a un peu remonté le cœur. On visite aussi un four crématoire, un comme tous les autres qui peuvent exister je suppose. La visite se fait rapidement, et finalement, ce n'est pas ça qui marque le plus. Parce que je m'y attendais.
Pas d'excès, pas d'effets spéciaux, rien, juste la réalité devant nos yeux. C'est le cas pour tous les baraquements que j'ai visité. Les blocs décrivant le camp d'Auschwitz I et II (Birkenau, le camp d'extermination j'y reviendrai rapidement). D'autres blocs racontent la guerre vécue par différentes populations, les juifs, les gitans, les polonais. Là encore, du sobre, juste la réalité en pleine face. Le polonais est rude à encaisser, des images d'exécution, de pendaison, j'en passe...
Le bloc 20 (ma photo), abrite l'exposition française. Une honte. Alors que tous les autres (que j'ai visité, j'en ai zappé pas mal, pas le temps), ne faisaient pas d'artifices, ne nous forçait pas à regarder, à visiter, le français a quelque chose de malsain. Je serai une femme politique française que je m'excuserai auprès du monde entier pour avoir fait d'un lieu de mémoire, d'histoire, un musée d'art contemporain, qui au lieu de rappeler humblement l'histoire et laisser les gens en paix, cette sorte de paix qui s'installe dans cet endroit, le français te prend à parti, par ses effets spéciaux, son manque d'humilité. Quel était le but de Raffarin quand il a demandé ça? Je ne comprend pas.
Pourquoi un tel énervement? Je vais vous expliquer un petit peu. On entre dans un couloir (comme dans chaque bâtiment). Le bâtiment ne reçoit que peu de lumière. Au bout de ce couloir, affiché comme un appel à la mobilisation, avec les moyens de notre époque (un rétroprojecteur à lumière intense). "souvenez-vous" dit-il. C'est vrai, on vient ici pour oublier! Bien entendu! Obligez moi à souvenir et vous verrez que j'oublierai très vite.
Après deux courts panneaux sur la France d'avant-guerre, sur Vichy, on a le droit à nos posters à la gloire de nos résistants, cette minorité qui a lutté. C'est bien d'en parler, je nie pas. Mais pour se souvenir, il ne faut pas oublier tous les acteurs, et des posters il en faudrait de tous les acteurs de cette guerre et de ces déportations. Nous sommes dans un lieu d'histoire, et rien ne doit être oublié au profit d'autres. A Auschwitz, la souffrance des juifs, des polonais, des gitans, de tout le monde, est mis au même niveau. Celui de l'homme. Quand on rentre dans le batiment français, on oublie la réalité, on oublie l'homme, on entre dans la fiction, la fiction française, le Joséphine Ange Gardien.
Et je n'ai parlé que d'un peu de ce batiment français. Entre les salles 3 et 4 nous devons traverser un couloir. Deux enceintes de chaque coté balancent des sons de rails. Aucune explication. Juste ce son agressif. David Lynch aurait voulu faire ca pour de l'art, il n'aurait pas fait mieux. Mais admettons que le contexte n'est pas le même. Et la salle 4, en y entrant il fait relativement noir. Et vite, projeté sur deux murs en regard, HALT en noir sur blanc. Et des mots relatifs à la guerre qui défilent. Quel est le but? Où est la réalité d'Auschwitz, de la guerre là? Je ne sais pas.
Enfin, que dire de cette salle habillée de lattes ipod (ce blanc immaculé brillant) avec des noms de gens décédés. On entre dans la matrice alors que nous sommes juste à Auschwitz. Pas besoin de créer un monde parallèle, c'était le même monde. Pour finir, une salle avec un ordinateur (soit dit en passant, assez merdique à utiliser, tactile, et dès qu'on se déplace, c'est idem, les sons de l'ordinateur (de la souris qui clique etc...) sont diffusés dans la pièce. Bien joué. Pour trouver les morts avec nos noms (ce qui était une idée pas inintéressante dans le fond), on doit choisir sa catégorie avant. Juif, les 33000, les 45000, ... . Pas possible de faire une recherche globale. On sépare les gens dans leur souffrance. La France a fait dans un seul bâtiment tout l'inverse de ce qui fait d'Auschwitz un lieu de mémoire. Bien joué.

Voilà, ceci étant dit, nous sommes ensuite allé à Birkenau, cette fois-ci tout est laissé "en l'état". On entre dans les baraquements pour voir les conditions de vie du camp d'extermination, donc on voit facilement qu'ils étaient ici pour mourir. L'horreur est là, mais devant le gigantisme d'un tel complexe, on a du mal, même sur place, de s'imaginer. J'ai eu du mal. Les chambres à gaz ont toutes été cassées, et sur les vestiges de l'une d'entre elles il y a des plaques commémoratives. Birkenau achève ce sentiment de réalité que l'on a, pour nous dire qu'on a bien fait d'y avoir, et que maintenant, on comprend.

En rentrant, j'ai mangé des crêpes. Elles étaient réussies.